Guide MÉMOPAC
Raccordement électrique des PAC collectives en résidentiel collectif
Guide MÉMOPAC
Le raccordement électrique constitue une étape essentielle dans la conception d’une installation de pompe à chaleur collective. Lorsqu’il n’est pas anticipé suffisamment tôt, il peut entraîner des contraintes techniques, des délais supplémentaires et des coûts additionnels. Rédigé avec le soutien d’u003cstrongu003eEnedisu003c/strongu003e, ce guide MÉMOPAC accompagne les professionnels dans l’analyse des besoins électriques d’un projet de PAC collective et dans l’identification de la solution de raccordement la plus adaptée. Il propose une méthodologie progressive, des repères techniques et plusieurs exemples appliqués à des bâtiments résidentiels existants.
Sommaire
Comprendre les notions essentielles du raccordement électrique
Le raccordement électrique doit être anticipé dès les premières phases de conception d’une installation de pompe à chaleur en logement collectif. Il constitue un paramètre à étudier au même titre que le dimensionnement de la PAC, son intégration au bâtiment ou les caractéristiques de l’installation existante.
Avant d’étudier les différentes solutions de raccordement, le guide présente le vocabulaire et les notions indispensables pour faciliter les échanges entre maître d’ouvrage, bureau d’études, électricien et gestionnaire de réseau.
Le vocabulaire du raccordement électrique
Le raccordement d’une PAC collective fait intervenir plusieurs notions et équipements qu’il est utile de maîtriser pour faciliter les échanges entre les différents intervenants du projet. Le guide présente notamment :
- le réseau basse tension (BT) et le réseau HTA
- le poste HTA/BT
- la liaison réseau (LR)
- le pied de colonne (PDC)
- le CCPC et le CCPI
- le compteur et le point de livraison
Cette première approche permet de mieux comprendre les différentes configurations de raccordement présentées dans la suite du guide.
Points de connexion C3 à C5
Le guide présente les différents points de connexion au réseau et leur rôle dans l’architecture du raccordement d’une PAC collective.
Puissance souscrite et puissance de raccordement
Le choix du raccordement dépend directement de la puissance électrique nécessaire au projet. Il est donc important de distinguer :
- la puissance souscrite, correspondant à la puissance contractuelle disponible pour l’installation ;
- la puissance de raccordement de dimensionnement, utilisée pour définir les caractéristiques du raccordement ;
- la puissance de la PAC, qui constitue l’une des données d’entrée du bilan de puissance.
Le guide rappelle que cette distinction est essentielle pour déterminer la configuration de raccordement à étudier
La puissance électrique nécessaire au raccordement dépend directement des caractéristiques et de la puissance des équipements retenus. En amont de cette étape, le dimensionnement des PAC collectives doit donc permettre d’adapter la puissance thermique de l’installation aux besoins réels du bâtiment.
Normes et coûts de raccordement
Le document présente les deux principales normes électriques à prendre en compte : la NF C 14-100, applicable aux ouvrages situés entre le réseau et le point de livraison, et la NF C 15-100, applicable aux installations électriques intérieures.
Il précise également le périmètre des travaux relevant d’Enedis et ceux restant à la charge du propriétaire ou de la copropriété, notamment certains travaux de génie civil.
Quels sont les raccordements possibles pour une PAC collective ?
Le guide distingue six configurations, allant du raccordement sur une installation existante jusqu’à la création d’un poste client HTA dédié :
- raccordement sur le compteur existant de la chaufferie
- raccordement en pied de colonne
- raccordement avec liaison réseau commune à l’immeuble
- raccordement avec CCPI dédié
- raccordement sur un poste HTA/BT
- création d’un poste client HTA dédié
Le choix entre ces configurations dépend notamment de la puissance nécessaire, de l’installation électrique existante et de la capacité du réseau à accueillir la nouvelle puissance.
Raccordement sur le compteur existant de la chaufferie
Le cas 1 consiste à raccorder la PAC sur le compteur existant de la chaufferie. Cette solution peut être envisagée lorsque la puissance de raccordement existante permet d’accueillir la PAC et les usages existants.
Raccordement en pied de colonne
Le cas 2 correspond à un raccordement en pied de colonne (PDC), avec création d’une nouvelle dérivation individuelle. Il constitue notamment une solution envisageable pour les installations de puissance limitée.
Raccordement avec liaison réseau commune à l’immeuble
Le cas 3 utilise une liaison réseau commune à l’immeuble. Il permet de raccorder la PAC au réseau basse tension existant lorsque les conditions de puissance et d’architecture du réseau le permettent.
Raccordement avec CCPI dédié
Le cas 4 nécessite la création d’une nouvelle liaison de raccordement et l’installation d’un coupe-circuit principal individuel (CCPI) dédié à la PAC. Le guide indique qu’il est généralement adapté aux installations de 36 à 120 kVA, sous réserve des caractéristiques du réseau existant.
Raccordement sur un poste HTA/BT
Le cas 5 consiste à raccorder directement l’installation au poste HTA/BT. Il devient notamment probable lorsque le réseau basse tension existant ne peut pas accueillir la puissance supplémentaire.
Création d’un poste client HTA dédié
Au-delà de 250 kVA, le guide prévoit la création d’un poste client HTA dédié à l’installation. Cette configuration représente la solution la plus complexe et la plus coûteuse parmi les six cas étudiés.
Comment anticiper le type de raccordement à réaliser ?
Le principal apport opérationnel du guide réside dans une méthodologie en cinq étapes permettant d’orienter le choix du raccordement dès les premières phases du projet.
- Évaluer la puissance électrique nécessaire à la PAC
- Vérifier si le compteur existant peut être conservé
- Utiliser l’outil Enedis « Simuler mon raccordement »
- Réaliser le bilan de puissance projeté
- Solliciter une demande anticipée de raccordement ou un devis auprès d’Enedis
Évaluer la puissance de l’installation PAC
La première étape consiste à calculer la puissance électrique nécessaire à la nouvelle installation PAC, notée PPAC. Cette valeur constitue le point de départ pour identifier les possibilités de raccordement.
Vérifier si le compteur existant peut être conservé
Lorsque le bâtiment dispose déjà d’un compteur pour la chaufferie, il faut vérifier si celui-ci peut accueillir la nouvelle puissance. Le guide propose de comparer la puissance de raccordement de la chaufferie existante avec la puissance souscrite nécessaire après travaux.
Utiliser l’outil Enedis « Simuler mon raccordement »
L’outil Enedis permet d’obtenir une première estimation de la capacité du réseau à accueillir la puissance demandée. Les résultats distinguent notamment les situations de raccordement simple et celles nécessitant une étude ou une adaptation du réseau.
Le guide précise toutefois que cette simulation reste indicative et qu’elle ne prend pas en compte les projets en cours sur le réseau.
Réaliser le bilan de puissance projeté
Lorsque le raccordement sur le réseau basse tension semble possible, il faut réaliser le bilan de puissance de l’état projeté. Celui-ci prend en compte la puissance de la PAC et les puissances existantes du bâtiment.
Le guide indique notamment que le bilan doit être réalisé conformément à la NF C 14-100. Lorsque la somme des puissances dépasse 250 kVA, un raccordement directement sur le poste HTA/BT devient probable.
Solliciter une DAR ou un devis auprès d’Enedis
La dernière étape consiste à confirmer les premières conclusions auprès d’Enedis. Une demande anticipée de raccordement (DAR) peut être effectuée dès les phases de diagnostic ou de début de conception, tandis que le devis est plutôt sollicité lorsque la conception est terminée et les entreprises désignées.
La DAR permet d’obtenir une première proposition de raccordement avant que le dossier administratif soit complet et d’anticiper les coûts, la solution technique et les délais.
Anticiper les coûts et les autres besoins électriques
Le dimensionnement du raccordement peut également être l’occasion d’anticiper les évolutions futures des besoins électriques du bâtiment.
Le guide invite notamment à considérer les projets liés :
- aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE)
- à la production photovoltaïque
- aux autres évolutions susceptibles d’augmenter les besoins électriques du bâtiment
L’objectif est d’éviter de dimensionner le raccordement uniquement au regard du besoin immédiat de la PAC lorsque d’autres usages sont déjà envisagés.
Identifier le périmètre des coûts de raccordement
Le devis Enedis ne couvre pas nécessairement l’ensemble des travaux nécessaires au projet. Certains travaux de génie civil restent notamment à la charge du propriétaire ou de la copropriété : création de gaines, certains percements, tranchées sur domaine privé, etc.
Le guide donne également des ordres de grandeur pour les six configurations, allant de quelques milliers d’euros pour les solutions les plus simples jusqu’à 50 à 120 k€ HT pour la création d’un poste client HTA dédié. Ces montants sont indicatifs, non réfactés et hors coûts annexes.
Anticiper les autres usages électriques
Le raccordement d’une PAC peut être l’occasion d’anticiper d’autres évolutions des besoins électriques du bâtiment. Le guide cite notamment les infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) et la production photovoltaïque comme usages pouvant être intégrés à une réflexion globale afin de mutualiser certains investissements.
Applications sur des bâtiments résidentiels
Pour illustrer la méthodologie, le guide étudie plusieurs bâtiments résidentiels existants. Les cas présentés permettent de comparer les solutions de raccordement selon la taille du bâtiment, la puissance de la PAC et les différents scénarios énergétiques.
Trois configurations sont notamment étudiées :
- un bâtiment de 14 logements
- un bâtiment de 39 logements
- un ensemble de bâtiments représentant 98 logements
L’objectif est d’éviter de dimensionner le raccordement uniquement au regard du besoin immédiat de la PAC lorsque d’autres usages sont déjà envisagés.
Bâtiment de 14 logements
Le premier exemple porte sur un immeuble de 14 logements et 800 m² de surface habitable, construit en 1964 et équipé d’une chaufferie gaz collective. Quatre scénarios sont étudiés, avec des puissances PAC allant de 24 à 74 kW.
Les résultats montrent notamment qu’un raccordement sur le compteur existant peut être envisageable pour certains scénarios, tandis que d’autres nécessitent d’étudier les solutions de raccordement au réseau.
Bâtiment de 39 logements
Le deuxième cas permet d’étudier une configuration intermédiaire et de comparer les conséquences du niveau de puissance PAC et du bilan de puissance projeté sur le choix du raccordement.
Bâtiment de 98 logements
Le troisième exemple concerne deux bâtiments totalisant 98 logements, pour une surface habitable de 5 700 m². Les quatre scénarios conduisent à des puissances PAC comprises entre 78 et 530 kW, permettant d’illustrer des configurations allant du raccordement sur le réseau basse tension jusqu’à la création d’un poste client HTA dédié.
Ces cas concrets montrent l’intérêt d’appliquer la méthodologie dès les premières études afin d’identifier rapidement les contraintes de raccordement, d’estimer les investissements nécessaires et de sécuriser le calendrier du projet.

Télécharger le guide complet
Vous consultez actuellement une synthèse des principaux enseignements du guide MÉMOPAC consacré au raccordement électrique des PAC collectives.
Le guide complet contient :
- Les 6 configurations de raccordement possibles pour une PAC collective
- La méthode en 5 étapes pour anticiper le raccordement
- Des repères sur les coûts, les travaux et les délais
- Des cas concrets appliqués à des bâtiments résidentiels
44 pages
Mise à jour 2026
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